Irène Némirovsky par Dominique Missika

Irène Némirovsky est un vrai personnage de roman, une héroïne complexe, ardente et torturée. Il y a son œuvre puissante, miraculeusement ressuscitée grâce au prix Renaudot décerné à titre posthume en 2004 à Suite française, son roman inachevé. Mais sa vie elle-même est follement romanesque. Il faut dire qu’elle l’a traversée comme un tourbillon, ne cédant sur aucun de ses désirs, réussissant à faire coexister en elle l’écrivaine, la femme, et la mère.
Après avoir fui la révolution russe dans un traîneau, après avoir été jeune fille au temps des Années folles à Paris, une star avec le succès retentissant de son roman David Golder, puis une épouse comblée et une mère tendre, Irène semblait heureuse, avant-guerre.
Forcément heureuse ? Image trompeuse.

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Dominique Missika est historienne. Elle est l’autrice, entre autres, de L’Affaire Bernard Natan. Les années sombres du cinéma français (Denoël, 2023 ; prix du Livre d’histoire du cinéma, prix du Guesclin), de Robert Badinter, l’homme juste (Tallandier, 2021), et d’Un amour de Kessel (Seuil, 2020). Ces deux derniers livres sont disponibles en poche.
REVUE DE PRESSE
« Ce fin portrait révèle la rage d’une femme «prévenante» et rieuse qui veut vivre comme elle l’entend, l’obsession d’une romancière de voir son talent reconnu, conditions nécessaires pour se sentir vivante, quitte à être parfois «sans indulgence ni pitié». Un être «double», «insondable». Alors qu’elle travaille déjà avec acharnement à une production prolifique, au prix parfois de la superficialité, l’histoire la rattrape à nouveau. Bien que convertie au catholicisme, comme les siens – par conviction, par précaution ? s’interroge le livre –, ses racines juives ne sont pas, selon les critères nazis, rompues. Interdite de publier, désemparée malgré le soutien de quelques fidèles, elle appelle à l’aide des relations qui frayent avec la collaboration, puis à la protection de Pétain en des termes censés la distinguer du commun des étrangers et des Juifs, «une sorte de snobisme», estime l’historienne. Mais elle a cessé d’être une écrivaine qui enrichit la littérature française, elle est une Juive russe. «Mon dieu, écrit-elle, que me fait ce pays ?» Il l’ignore. Face à la barbarie, cette femme d’exception ne peut plus rien. »
Yannick Ripa, Libération
« D’une écriture alerte, Dominique Missika ajoute un portrait plus intime de la romancière, recherchant notamment sa trace dans les lieux qu’elle a fréquentés. Elle s’attarde sur sa relation contrariée avec ses parents. Un père absent. Une mère détestable, obnubilée par ses toilettes et ses amants. Némirovsky « ne leur pardonne pas d’avoir plus aimé l’argent que leur fille », résume la biographe. Il y avait bien là de quoi vouloir régler ses comptes par l’écriture. Au risque d’un déni aux conséquences tragiques. »
Benoît Hopquin, Le Monde
« Après s’être penchée sur les destins de Léon Blum, de Simone Veil et de ses sœurs, sur la liaison entre Kessel et Germaine Sablon, Dominique Missika a brossé le portrait intime de l’auteur de Suite française, au succès posthume retentissant (prix Renaudot en 2004). Une femme au destin aussi singulier que tragique, qu’elle avait déjà évoquée dans son premier livre, Le Chagrin des innocents, itinéraires d’enfants juifs de 1939 à 1947. Se démarquant des essais et des biographies proprement dites, Missika a privilégié le portrait familial et romancé. Elle en tire un récit nourri d’œuvres et de documents. «
Thierry Clermont, Le Figaro
INFORMATIONS PRATIQUES
Mardi 29 septembre, 18h
CERCIL
Entrée libre, réservation conseillée