Mémorial de la Shoah

Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv Cercil Musée-Mémorial des enfants du Vel d'Hiv Mémorial de la Shoah

« Histoire de vie » : Annette Muller

C’est avec une profonde tristesse que nous avons tous appris la disparition d’Annette Bessmann, née Muller.

Annette Muller était l’une des très rares enfants du Vel d’Hiv qui ont survécu. Le 16 juillet 1942, Annette a 9 ans lorsqu’elle est arrêtée à Paris, rue de l’Avenir, avec sa mère et ses trois frères. Après avoir vécu l’enfer du Vel d’hiv, elle est internée avec sa mère et son jeune frère Michel à Beaune-la-Rolande. Elle connaît le sort terrible des milliers d’enfants juifs internés dans les camps du Loiret, cruellement séparés de leur mère, puis envoyés à Auschwitz – d’où aucun n’est revenu. Sa mère, Rachel, est déportée le 7 août 1942 de Beaune-la-Rolande vers Auschwitz. Annette échappe à la déportation grâce à son père qui réussit à les faire sortir, avec son frère, de Drancy. Annette et Michel sont transférés à l’asile Lamarck. Les quatre enfants se retrouvent et restent cachés à l’orphelinat catholique de Neuilly-sur-Seine puis à l’orphelinat du Mans. Ils retrouvent leur père après la Libération. Rachel n’est pas rentrée de déportation.

En 2009, le Cercil rééditait le récit d’Annette « La petite fille du Vel d’hiv », paru en 1991. « Je voulais juste qu’on parle des enfants… » disait-elle. Au cours de ce travail de réédition, qui voulait restituer l’intégralité de son récit, accompagné des archives qu’elle avait confiées au Cercil, un lien d’amitié s’était noué. Nous n’oublierons pas son histoire qu’elle livrait avec toute la « fraîcheur » de sa mémoire, retrouvant avec précision les émotions d’une enfant « comme si ces moments n’avaient jamais glissé dans le passé » a écrit Hélène Mouchard-Zay.

Le Cercil salue la mémoire d’Annette Muller et présente à sa famille ses plus sincères condoléances.

Hommage à Henri Amrofel

Orléanais depuis 1930, déchus de la nationalité française en 1940, Aron et Léa Amrofel obtiennent de fausses cartes d’identité au nom d’Arnaut grâce à deux policiers orléanais, MM. Proust et Maupu. Leur entreprise aryanisée est vendue à M. Lefol qui la leur restituera à la fin de la guerre.

Miraculeusement libérée après son arrestation au passage de la ligne de démarcation, à Vierzon en juin 1942, Mme Amrofel et deux de ses enfants, Eliane et Henri, sont recueillis à Orléans par la famille Proust, avant de repasser la ligne avec succès huit jours plus tard.

Réfugiée à Lothiers, dans l’Indre, jusqu’à l’été 1944, la famille est accueillie par les villageois. Les institutions scolaires acceptent les enfants, surtout Mme Barbier l’institutrice et M. Schiltz, qui inscrit Henri sans problème au lycée de Châteauroux.

La famille Amrofel a échappé à la déportation et à la mort grâce à la générosité de ces «justes» qui n’ont jamais voulu être récompensés.

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès d’Henri Amrofel.

Toutes les pensées de l’équipe du Cercil accompagnent sa famille.

Photo : Archives familiales. Henri et Eliane, dans les bras de son père Aron à Lothiers.